# 19 Sous copyright

# 19 Sous copyright
Solution - Damien SAEZ

On croit toujours passé la semaine la plus folle de notre vie. Comme un sac de fête contenant des mensonges. Bières puis mauvaise nuit. Avec nos habituelles anecdotes excentriques. Mais en fait on tient notre monde à un fil.

On s'allonge. On croit avoir une auréole dans nos cheveux. Des plumes partout par terre. Mais tout est faux. On n'a tous niqués. On n'a notre putain de sourire rouillé.De belles choses des choses tellement tortueuses. Les poufs de treize années font sonner leurs putains de talons.Ça ressemble à la fin de l'histoire que nous connaissons. C'est si bien de se sentir comme ça. Nous sommes tellement affamés. Tout le monde arrive là et tout le monde prend son chemin.Et on veut toujours aller là où tout le monde va.Toujours connaître ce que tout le monde connaît.Nous sommes de plus en plus perdu et délabré, nous sommes trop taillés pour être sauvé.Cette putain de bataille de cicatrice est curative.Elle ne résout en aucun cas le mal.Tout est sucré. Comme un merlot excellent.

Et les comprimés blancs sur le verre coupent nos saloperies de lèvres.On me dit qu'il y a de la beauté dans notre silence.Doit t'on le croire? Tous superficiels.Tous les mêmes.

Ca y est.Tu as eu ton HAPPY END.Une HAPPY END pleine d'extase.Une HAPPY END sans contrainte.
Bravo.

© Marie

# Posté le vendredi 24 avril 2009 04:36

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 15:42

# 20 SOUS COPYRIGHT

# 20 SOUS COPYRIGHT
En Apesanteur - Calogero

Il y a des jours comme ça, surtout depuis quelques temps, où j'ai besoin de cette dose d'adrénaline qui me cause un certain nombre de crise d'angoisse.

J'ai beaucoup changé depuis le mois de Septembre. J'ai grandi, mûri. Trop vite. Ma capacité d'adaptation est mise à rude épreuve, sans cesse. J'ai appris à vivre le moment présent. A être heureuse et à assumer certaines douleurs. A tel point que mes habitudes ont changé. Un vrai sourire s'est installé dans le creux de mes lèvres abîmées. Une envie d'avancer encore et encore m'a prise et ne m'a pas encore quittée. Cela va faire six mois que je ne suis pas tombée, que je n'ai pas rencontré d'embûches malsaines et douloureuses.
Par-dessus tout, je suis amoureuse et cela depuis presque quatre ans. J'ai d'abord ignoré l'effet qu'il me faisait. On s'est éloigné et j'ai fantasmé durant plusieurs mois mais il me semblait inaccessible ce grand bonhomme blond aussi timide que moi. Imaginer une autre relation n'avait pour moi aucun sens. D'autant plus qu'il était facile de penser que la situation ne le permettrait jamais.

Durant deux (trop longues) années, on ne s'est pas vu et encore moins parlé. Malgré tout, son souvenir venait me hanter régulièrement. Je l'ai cherché, je l'ai retrouvé et j'ai commencé à lui demander de ses nouvelles. Et un événement singulier est venu précipiter tout ça. Sans lui, on aurait pu garder seulement des relations courtoises sans jamais se revoir. Peut-être que cela m'aurait suffit. Mais, j'ai pris conscience de ce culot que j'abritais sous un carcan bétonné en lui demandant de le revoir parce que je l'appréciais. Puis il y a eu cet énorme malentendu, un échange de numéros de téléphone et un rendez-vous...chez lui.

Je l'ai revu. Je n'ai pas été déçue. Loin de là.

Et mes insomnies ont enfin une explication.

©Marie

# Posté le lundi 27 avril 2009 05:01

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 15:45

# 21 SOUS COPYRIGHT

Là où je vais - Les Enfoirés

Je vole.

Plus rien ne peut m'arrêter. Du haut de mon mètre douze, je parcours à toute vitesse cette cour de récréation que je connais presque par c½ur.

Plus rien ne peut m'arrêter. J'ai décidé, envers et contre tout, de connaître, avant que la cloche ne retentisse, tous les recoins qui me sont encore inconnus.

Je suis hilare. J'exulte. La brise que je sens dans mes cheveux témoigne de mon omnipotence en ce monde. Plus rien ne peut m'arrêter, car j'en ai décidé ainsi, et qu'à mon âge, c'est moi qui décide. C'est normal.

Un objet m'intrigue, tout là-bas, je ne sais pas ce que c'est. Je dois en avoir le c½ur net. Alors je m'élance, bolide entêté. J'esquive un banc qui s'est mis en travers de ma destinée, j'évite de peu un ballon posé là simplement pour m'empêcher de mener à bien ce pour quoi j'existe. Plus rien ne peut m'arrêter.


Il ne me reste plus que quelques mètres avant que je n'atteigne mon but. Un dernier obstacle me nargue. Cartable grisâtre délaissé là, ayant pour seule fin de m'arrêter définitivement. Je m'apprête à m'élever dans les airs au-dessus de cette masse hostile. Je pose un pied. Puis l'autre, qui vient écraser au sol le lacet défait de mon soulier. Je m'élance enfin, et durant une seconde, j'ai cru à la réussite.

Et puis je me retrouve au sol, aplati. Mes genoux et mes paumes sont incrustés de graviers tortionnaires. Petits diamants innombrables me faisant souffrir plus que je n'ai jamais souffert. Ces traîtres de cailloux se transforment en larmes, et viennent s'écraser à quelques centimètres de mon visage égratigné, rougi par le sang qui perle de mes lèvres. De rage, je crache la terre que j'ai avalée. Autour de moi, s'amassent les mines hostiles de mes soi-disant camarades rigolards. Je me sens humilié. J'y croyais, pourtant, à cet épique objectif. Mais quelque chose m'a arrêté, quelque chose a déçu mes attentes, mes attentes de petit garçon. Je n'ai jamais autant souffert. Je crois. La cloche retentit. C'est fini...

©Marie

# Posté le vendredi 01 mai 2009 11:33

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 15:50

# 22 SOUS COPYRIGHT

# 22 SOUS COPYRIGHT
Doolididom - Zazie


Jeudi 23 Mars,

Journal,

Que dire ? Mon coeur bat encore. J'attends la mort comme une délivrance, un cadeau. C'est mon espérance, mon unique raison de vivre.

Et puis, j'aime à en crever mon amour qui vient du froid. C'est ma seule raison de sourire, mon unique envie d'aimer. Un seul besoin : faire des effort pour lui-seul. Regarder tout et, en même temps, ne voir que lui qui m'obnubile. Mon coeur ne pourra s'ouvrir qu'à lui. C'est ça le véritable amour.

Mais où retrouver la véritable joie de vivre, amour de la vie ? Je ne sais plus. Je ne sais pas où me mettre, moi, amoureuse si peu heureuse. Où cacher mon malheur ?
J'aime à en souffrir, à en mourir. Non, je refuse que tu me vois en train de pleurer et sourire sans raison. Je ne suis pas faite pour ça. Ma tristesse est plus profonde encore.

Ne t'inquiète pas, un jour, par delà le monde du sommeil éternel, je t'en dirais plus sur mon personnage interne. Laisse-moi m'endormir... Je veux m'apaiser loin de ce monde inutile.

© Marie

# Posté le lundi 03 août 2009 16:48

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 15:52

# 23 Sous COPYRIGHT

# 23 Sous COPYRIGHT
Ville de Lumière - GOLD

Le vent glissait sur la plage, dansant avec le sable qu'il envoyait tournoyer dans une valse sans fin. Je marchais à pieds nus sur la plage, perdu dans mes pensées. Tout semblait distant, les cris d'enfants se mêlaient à ceux de mouettes, le doux ronronnement de l'océan disparaissait dans la mer de ma conscience. Pas après pas, des châteaux de sable s'effondraient sous mes pieds, arrachant des cris de désespoir à leurs malheureux bâtisseurs, mais rien, rien de tout ceci ne m'arracha à mes rêveries.

Puis elle apparut, illusionellement belle. Elle semblait déesse parmi les mortels, étoile dans un ciel d'encre. Tout s'effaça, pour céder place à la volupté, et je restai figé devant le théâtre de la perfection. Ses pas légers caressaient la surface du sable, emportant quelques grains dorés dans un défilé de grâce et de magnificence. Ses cheveux sombres comme les nuits d'hiver flottaient au vent, tourbillon de velours. Jamais ils ne couvraient son visage, celui d'une femme qui a connu la vie sans jamais perdre sa jeunesse, gagnant en beauté à chaque tourment de l'existence. Les plis de sa robe, rouge, rouge comme ses lèvres plissées en un sourire mutin.
Et ses yeux et ses jambes, les mots n'y peuvent plus rien. Il n'y a que le rêve qui puisse donner ne serait-ce qu'un échantillon de cette perfection éphémère.

Puis, l'illusion disparut, dissoute dans l'immensité du monde, et la terne réalité s'offrit à mes yeux, telle une masse informe et grossière. Personne d'autre n'avait remarqué ce qui m'avait profondément bouleversé, changé. Et je restai échoué sur la plage, qui m'était devenue étrangère. Les goélands me narguaient de leurs cris, les humains me lançaient des regards condescendants, mais leur avis m'importait bien peu, alors que je naviguais vers d'autres contrées.

Je ne saurais le dire le temps que dura cet instant de grâce. Une seconde ou une année, qu'importe, je me fous du temps. Mais j'ai vu l'invisible, connu l'inconnu. Et je garderai ce trésor inestimable bien au fond de moi, là ou personne n'ira le voler.
Et je revivrai ce moment dans mon c½ur, à l'infini, encore et encore.

A tout jamais je chérirai ces fragments de perfection que j'ai arrachés à la réalité.


# Posté le jeudi 13 août 2009 17:02

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 16:01

#24 Sous Copyright

#24 Sous Copyright
In te army, now - Status Quo

Les dés sont jetés.
Moi aussi.

Où que j'aille, j' ai toujours le goût amer des regrets.
Ce goût sanguinaire de la haine.

Je vis dans un monde où l'envie n'a aucun droit.
Pourtant, c'est le rêve et le désir qui me font vivre.

J'ai souvent cette envie de disparaitre.
Cette douleur qui me tire les larmes.

J'ai sans cesse ce besoin d'avancer
De foncer, tête baissée.

Toujours une connerie au bord des lèvres.
Un sourire qui cache tout.

On peut vraiment tout cacher derrière un sourire.
Même la pire des envies de mourir

©Marie

# Posté le samedi 15 août 2009 06:34

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 16:05