# 13 SOUS COPYRIGHT

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ça - Zazie

Ton odeur m'enivre complètement. Elle m'enveloppe dans un nuage subliminal et je ne me reconnais plus. Des images crues et obscènes traversent mon esprit, mes idées se font audacieuses, mes mains aussi. Mais j'ai encore assez de contrôle sur mon corps pour les garder le long de moi. Il est si près... ses yeux... sa bouche... son torse... J'ai comme l'impression que je ne vais plus pouvoir résister. Il est si près, si près... dans tous les sens. 15 cm séparent sa bouche de mes lèvres. 5 cm les mains de sa ceinture. Ses yeux plongés dans les miens attendent que je fasse le premier pas. C'est déroutant, un gars qui demande ça à une petite fille. Ma bouche me brûle, mes mains ont des fourmis. Je sens un liquide en moi. Je me sens sale, mais mes pensées sont ailleurs. Bien plus loin. Ce regard... sa langue sort un instant de ses lèvres entrouvertes pour vite re-rentrer, de peur que ça ne passe pour une invitation directe. Il a peur d'avoir tort. Mais, au fond, il doit savoir ce que je ressens. Je décale innocemment ma tête, vers lui. Nos bouches sont à 10 cm l'une de l'autre. Je sens son souffle, il sent le mien. Son odeur est partout, j'inspire profondément et mes pulsions se manifestent légèrement : ma tête se décale encore et n'y tenant plus, je colle mes lèvres sur les siennes.

Alors là tout se fait brouillard, je ne contrôle plus rien et je ne suis que sensations. Je sens nos bouches se toucher, s'entrechoquer, se séparer et naviguer sur nos corps respectifs. Je sens ses mains sur moi, je sens sa ceinture qui cède sous la pression de mes doigts, je sens mes sous-vêtements céder sous une fontaine incontrôlable, je sens mon corps se libérer de l'emprise gênante des habits. Je sens les siens aussi partir, je sens sa peau. Je sens sa peau sur la mienne.

Il me parle, me chuchote des paroles pleines de sous-entendus. Je ne comprends rien, il prononce mon prénom, murmure des mots doux. Je ne réponds rien, mon souffle est rauque, précipité, je n'entends que lui.

Je sens mon c½ur me défoncer la poitrine, j'ai mal. Cette douleur me sert à ne pas délibérer sur nos actions. Sur les conséquences de notre acte. Ses lèvres me parcourent, je frémis, de froid ? Tout d'un coup, je me sens glaciale, des frissons me hérissent de partout, je suis prise de mini-convulsions. Mes poils sont tous dressés comme en plein hiver. La chair de poule est au rendez-vous. Ma respiration est toujours aussi intense, mais je ne pense plus. Seulement à un instant, à son sexe dur comme de l'acier contre ma cuisse. Sinon, seulement ma respiration et mes frissons rythment l'action de mes neurones. Sa respiration est saccadée, mais les baisers qu'il dépose sur mon corps en transe rythment la cadence de son souffle.


Je l'entrevois qui sourit en entendant le bruit que fait le mien. Il est satisfait de son effet. Ses lèvres reviennent finalement vers les miennes et mon souffle s'épuise en un baiser aussi fatigant que fascinant. Je passe une main sur son bas-ventre et sur ses bras et je sens qu'il est tout aussi frémissant et tenté que moi. Mais il faut laisser le désir sur sa faim pour qu'il soit plus intense encore... alors je m'endors pieusement sur son torse, nos corps en une fusion incomplète et frissonnante.



# Posté le vendredi 27 mars 2009 18:41

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 15:31

# 14 SOUS COPYRIGHT

# 14  SOUS COPYRIGHT
ça - Zazie

Je voudrais arrêter là. Me faire une raison. Me dire, en fin, voilà. C'est fini.

La fin de quoi ? De cette passion trop fusionnelle. Je voudrais être capable de me dire que je ne suis plus accro à tout ça. Que je suis capable d'arrêter sans cette souffrance, ce manque, cette douleur malveillante.

L'important, c'est pas le but, c'est le chemin.Je veux bien...mais le mien tourne en rond. Comme une feuille qui tourbillonne, en tombant, durant l'automne. Si le chemin n'évolue pas, le but regagne en force et en importance. Ça fait si mal parfois...

Bien sur, j'ai peur du vide et de la solitude mais qui vous a parlé de couper les ponts de façon définitive ? Personne. Juste prendre de la distance.

J't'aime encore, tu sais. J'en pleure souvent. Mais, franchement, j'ai plus le c½ur à ça...Désolée...

©Marie

# Posté le vendredi 10 avril 2009 04:39

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 15:33

# 15 Sous Copyright

# 15 Sous Copyright
Le Tunnel d'Or - Aaron


« Mon amour,

Je profite de ce moment de lucidité pour t'écrire. Nous n'avons maintenant plus beaucoup l'occasion de nous parler mais je sais que tu passes énormément de temps à mes côtés. Sache que même si mon esprit est embué par la morphine, je sens ta présence ; t'entendre parler me fait le plus grand bien. Ta voix m'apaise et me soulage plus que n'importe quel anti-douleur.

Les médecins ne t'ont sûrement pas ménagée et tu sais même peut-être mieux que moi ce qui m'attend. Je sais très bien ce qui est à venir mais je ne connais pas l'échéance. Je suis incapable de dire dans quel état je serais demain. Ce que les médecins me prédisent m'effraie encore plus que ma propre fin. Je me doute que je finirais fou avant même de vous quitter. Imagine à quel point cela me fait peur : Perdre la mémoire, moi, alors que j'ai passé ma vie à dispenser mon savoir. Je ne pourrais pas supporter de ne plus reconnaître ceux que j'aime et de n'être plus pour vous qu'un fantôme qu'on garde en vie tapis dans un lit d'hôpital.

Ce que j'ai à te demander te révoltera sûrement. Je n'ai pas l'ambition de vous faire souffrir et j'ai conscience que ce je vais te demander est égoïste mais crois-moi, j'y ai longuement réfléchi. Et réfléchir, je n'ai bien que ça à faire ici. Je me sais de toutes façons condamné et je n'ai plus la chance d'espérer quoique ce soit de la Vie ou de l'avenir si ce n'est de mourir conscient, lucide et dans la dignité. Tu te doutes sûrement de ce que je vais te demander : M'aider à réaliser ce dernier souhait.

Ce n'est pas un meurtre, je suis déjà mort. Le jour où le médecin m'a déclaré de sa voix grave que tout serait fini dans à peine un an, j'étais déjà parti. L'Espoir fait vivre et le mien s'est éteint à l'instant précis où ma vie a basculé. Cette seconde longue comme une heure où j'ai du renoncé à des ambitions futiles et des projets parce que je savais à présent que je ne vivrais pas assez longtemps pour les vivre. Il n'était plus question de passer une retraite agréable sur une île paradisiaque avec toi ou d'avoir le plaisir de connaître au moins l'un de nos petits enfants. Je n'avais plus la Vie devant moi, j'avais quinze mois. Peut-être plus, sûrement moins. Tu ne penses alors plus qu'à ça, tu dresses des listes de ce que tu pourras encore faire, tu t'angoisses de savoir le nombre de jours où tu pourras encore te réveiller chez toi, sentir l'odeur du café et non pas celle du l'éther.

J'aimerais partir sereinement. Apaiser enfin cette rage qui me dévore en dedans autant que la maladie et qui dure depuis trop longtemps. Je pourrais comprendre que tu m'en veuilles, je n'ai juste plus que l'impression d'être un souvenir que l'on tient vivant et non plus un homme. Sache que peu importe ce que tu feras et ce que tu décideras, j'aurais toujours une pensée pour vous. Si l'Espoir est mortel et que le mien s'est déjà évanoui, les sentiments que j'éprouve pour vous sont invincibles.

Je vous aime,
Mark. »


Anna froissa la feuille entre ses doigts. Des larmes avaient délavé l'encre par endroit et rendu flou certains mots. Elle ravala un sanglot et se leva. Elle embrassa son front, les yeux fermés. Elle le regarda une dernière fois et sortit, la lettre dans une main, une seringue vide dans l'autre.

Elle ferma la porte de la chambre et bascula la tête en arrière, une boule dans la gorge. Seul un murmure parvint à glisser de ses lèvres : « Invincibles. »


©Marie

# Posté le lundi 30 mars 2009 06:16

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 15:34

# 16 Sous Copyright

# 16  Sous Copyright


Quelque part - Shéryfa LUNA




Et ma tête emplie de rêves. Partir pour ne jamais revenir. Tout oublier, tourner sur moi-même jusqu'à ne plus rien voir. Aller partout et nulle part, occis par le soleil, balloté au gré des vents, guidé par les aléas de la vie. Pleurer jusqu'à que les larmes ne coulent plus, rire jusqu'à n'en plus pouvoir. Contempler l'immensité du monde depuis le haut d'une falaise, les cheveux flottant dans le vent marin. Le sel et l'écume, l'irréel...Et l'infini se déroulant devant mes yeux ébahis.

Montagnes noyées dans une mer de nuages, revêtues d'un manteau blanc. Crissement de la poudre soyeuse sous mes pas. Marcher sans interruption. Nager, flotter, voler, ne plus penser. Oh amnésie bienfaisante que celle d'un douloureux passé !

Et mon c½ur bat au ralenti. Enfin, il a le temps de se reposer. Enfin un répit après une course effrénée de toute une vie.

Le hurlement criard de mon réveil m'arrache à cette délicieuse escapade de quelques instants. Place à la réalité d'un monde dont je suis le bagnard, d'une vie dont je suis le prisonnier jusqu'à une imprévisible amnestie.

Car la seule liberté qu'il me reste consiste à me perdre dans les profondeurs de mon esprit.

Je pensais être fort.Je croyais pouvoir tenir.Erreur fatale, veuillez redémarrer votre ordinateur.Je me suis planté.Je me sentais si réel avec les autres à mes côtés que je croyais pouvoir tenir seul.Les autres sont partis(ou alors suis-je parti?)et tout s'effondre comme la muraille d'un château tombant en miettes.Plus rien.Nu devant le flot glacial des embruns de la vie.

Et là, le temps de regarder mon pâle reflet dans le miroir de la realité, je prends conscience de ma faiblesse.La claque.Je ne suis qu'une feuille emportée au gré des vents.Impuissant.Je ne suis qu'un jouet, un pantin accroché aux minces fils de l'existence.A croire que "Je" réside en les autres.

Et puis il y a ce continuel bruit, et cette rassurante présence que les autres dégagent.Comme si un humain seul n'était qu'un demi-humain.Drôle de calcul.

Je voudrais tant retrouver ces parties de moi éparpillées en les autres. Et enfin savoir.

©Marie

# Posté le dimanche 12 avril 2009 17:05

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 15:35

# 17 SOUS COPYRIGHT

# 17 SOUS COPYRIGHT
Le lien - Grégory Lemarchal




La fin de l'été qui se profile doucement.

J'ai vidé mon sac de l'année dernière, jeté un coup d'½il sur mes devoirs. Un petit sourire sur le coin de la bouche. Le passé a un gout, un gout doux-amer qui me surprend parfois. J'ai arrachés mes pensées griffonnées dans des carnets, j'ai déchiré les feuilles noircies des mes amertumes ou de mes joies.

Comme on ne se ressemble plus d'une année à une autre !

J'ai barré la porte, Je suis allée chercher mes photos de classes, je les ai toutes examinées une a une. J'ai cherché à comprendre comment cette fille, aux sourires plus ou moins crispés selon les années, avait évolué.

J'ai regardé tous ces personnages imprimés, certains que j'avais aimés, d'autre qui m'avaient été indifférent. J'ai peut être cherché, encore, des parce que dans ces photographie en couleur.

Des pourquoi, des comment, des dénouements de fatalité, des précurseurs d'insouciance.

Une main sur la joue, en attente d'un début qui suit normalement les fins. Sans queue ni tête.à

Et tu vois la maintenant, la demoiselle qui va continuer clopin-clopant sa route. Qui continuera à rire pour presque rien et à se prendre des coups. Peut être qu'avec le temps, elle apprendra à en éviter certains. Peut être.

©Marie

# Posté le samedi 18 avril 2009 15:13

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 15:36

# 18 SOUS COPYRIGHT

# 18 SOUS COPYRIGHT
Il avait les mots - Shéryfa Luna


Je cherche les mots durs, secs, ceux qui font mal,
la parole mitraillette que je n'ai pas.

© Marie

# Posté le mercredi 22 avril 2009 05:42

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 15:39