Alors là tout se fait brouillard, je ne contrôle plus rien et je ne suis que sensations. Je sens nos bouches se toucher, s'entrechoquer, se séparer et naviguer sur nos corps respectifs. Je sens ses mains sur moi, je sens sa ceinture qui cède sous la pression de mes doigts, je sens mes sous-vêtements céder sous une fontaine incontrôlable, je sens mon corps se libérer de l'emprise gênante des habits. Je sens les siens aussi partir, je sens sa peau. Je sens sa peau sur la mienne.
Il me parle, me chuchote des paroles pleines de sous-entendus. Je ne comprends rien, il prononce mon prénom, murmure des mots doux. Je ne réponds rien, mon souffle est rauque, précipité, je n'entends que lui.
Je sens mon c½ur me défoncer la poitrine, j'ai mal. Cette douleur me sert à ne pas délibérer sur nos actions. Sur les conséquences de notre acte. Ses lèvres me parcourent, je frémis, de froid ? Tout d'un coup, je me sens glaciale, des frissons me hérissent de partout, je suis prise de mini-convulsions. Mes poils sont tous dressés comme en plein hiver. La chair de poule est au rendez-vous. Ma respiration est toujours aussi intense, mais je ne pense plus. Seulement à un instant, à son sexe dur comme de l'acier contre ma cuisse. Sinon, seulement ma respiration et mes frissons rythment l'action de mes neurones. Sa respiration est saccadée, mais les baisers qu'il dépose sur mon corps en transe rythment la cadence de son souffle.
Je l'entrevois qui sourit en entendant le bruit que fait le mien. Il est satisfait de son effet. Ses lèvres reviennent finalement vers les miennes et mon souffle s'épuise en un baiser aussi fatigant que fascinant. Je passe une main sur son bas-ventre et sur ses bras et je sens qu'il est tout aussi frémissant et tenté que moi. Mais il faut laisser le désir sur sa faim pour qu'il soit plus intense encore... alors je m'endors pieusement sur son torse, nos corps en une fusion incomplète et frissonnante.
